Nom latin

Geum urbanum

Noms vernaculaires

Benoîte, Caryophyllata, Herbe de St Benoît, Avance, Gariot, Herbe à la fièvre, Herbe du bon soldat, Racine bénie

Classification

Ordre Rosales, famille Rosaceae, sous famille Rosoideae, genre Geum

Floraison

Floraison jaune de mai à septembre

Période de récolte

On récolte les feuilles au moment de la floraison, les racines après.
Pour un usage thérapeutique les racines se récoltent généralement quand le cycle de la plante est terminé, quand elle a fini de faire ses graines, c’est à ce moment qu’elles concentrent le maximum de propriétés.
Pour l’aspect culinaire, on peut cueillir les racines toute l’année.

Description

La Benoîte est une plante vivace herbacées de 20 à 70 cm de hauteur, velue, à souche charnue contenant une moelle rouge, riche en eugenol (huile essentielle contenue aussi dans le clou de girofle). Les feuilles inférieures sont composées pennées à lobe terminal plus grand que les autres. Les supérieures sont trifoliées avec de grandes stipules ressemblant à des feuilles. Les fleurs sont petites, jaunes à 5 pétales sur un double calice composé de 10 sépales, 5 grands et 5 petits. L’ovaire est multicarpelles, entouré d’une couronne de nombreuses étamines. Le fruit est formé de nombreux akènes secs à arête longue plus ou moins crochue à l’extrémité pour s’accrocher aux poils des animaux ou aux chaussettes.

Rusticité de zone 6 (-23° à -17°)

La racine de Benoîte est plus ou moins énergétique suivant le sol où elle croît et la saison où on la récolte. Lorsqu’elle vient d’être cueillie elle est très odorante, et si on la fait sécher à l’ombre, elle conserve une partie de son arôme.

Lorsqu’elle est réduite en poudre elle a une couleur rosée, une saveur amère, âpre et légèrement aromatique. Son infusion aqueuse a une teinte rougeâtre

Points de vigilance, confusions possibles

Pas de confusions dangereuses de moi connue.

Petites et grandes histoires

Le nom du genre, Geum, désignait au départ la plante, il apparait chez Pline l’ancien mais son origine est inconnue. Pline indique son utilisation contre les douleurs dans la poitrine et les digestions difficiles.
Le nom de « benoite » apparait dans les glossaires au Moyen-âge, chez Albert Le Grand et sainte Hildegarde sous les noms de Benedicta, Sanamunda… une forme du nom bénite qui fait allusion aux vertus bienfaisantes de la plante connue à cette époque comme remède aux panaris, à la dysenterie et comme fortifiant et aphrodisiaque.

L’odeur de girofle caractéristique de la racine est à l’origine de l’ancien nom Caryophyllata.

Très utilisée, jusqu’au XVème siècle, elle a été ensuite peu à peu négligée par la médecine officielle, mais est restée fréquente dans la médecine populaire. Son emploi en homéopathie et la phytothérapie « moderne » ont rappelé l’attention sur ses propriétés médicinales. Elle est aujourd’hui assez en vogue en cuisine étoilée.

Utilisation cuisine

Toutes les parties sont comestibles, mais on utilise surtout ses racines au léger goût de clou de girofle pour aromatiser bouillon et autres préparation. Ce sont les racines secondaires qui ont le plus de goût.
Elle est aussi à la base de liqueurs, sert de substitut au houblon dans la bière, elle rendrait la bière plus agréable et l’empêcherait d’aigrir.
En Allemagne on la cultivait pour aromatiser le vin.

Autres usages

On l’a utilisé aussi au tannage et comme colorant. Elle donne à la laine une belle couleur mordorée tenace et une teinte noisette si on utilise la plante entière.

Principaux constituants connus

La racine contient une forte proportion de tanin, jusqu’à 30%, une essence aromatique (0,022%), une matière amère, un colorant encore mal étudié, du saccharose…
L’essence est surtout composée d’eugénol (comme le clou de girofle)

Secrets de sorcière

Propriétés des racines:

  • Tonique aromatique légèrement astringent et fébrifuge
    Elles ont parfois été utilisées contre le paludisme.
  • Remplace le quiquina dans les états d’épuisement qui suivent les maladies inflammatoires.
  • En usage externe grâce à sa haute teneur en tanin, c’est un bon gargarisme pour raffermir les gencives douloureuses, enflammées, saignant facilement
    Et grâce à son eugénol c’est un bon bain de bouche désodorisant en cas de mauvaise haleine
  • Macérée ou bouillie dans du vin c’est un excellent vulnéraire, détergent et cicatrisant des plaies ulcéreuses.

Mode d’emploi:

  • Infusion ou décoction: racine fraîche, 60 à 100g par l d’eau. Racine sèche 30 à 60g par l d’eau.
  • Poudre: 1 à 4g comme tonique astringent.
    10 à 40g dans de l’eau, du vin, du miel comme fébrifuge.
  • Vin: 30 à 60g macérés pendant 8 jours dans 1l. 2 verres par jour, avant les repas.

En Homéopathie elle est employée contre les excès de transpiration.

Malgré la présence d’essence aromatique, je n’ai pas trouvé de données sur un éventuel hydrolat.