Distillation

La distillation est un procédé de séparation de mélange de substances liquides dont les températures d’ébullition sont différentes. Elle permet de séparer les constituants d’un mélange homogène. Sous l’effet de la chaleur ou d’une faible pression (loi des gaz parfaits), les substances se vaporisent successivement, et la vapeur obtenue est liquéfiée pour donner le distillat.

Ci-dessous la fiche récapitulative, élaborée par Manon Billard et distribuée lors de l’atelier Plantes du samedi 21 août 2021

Un peu d’histoire

Au IIe millénaire av. J.-C., la sublimation, qu’utilisent les Babyloniens pour préparer les parfums, est clairement attestée, mais la distillation n’est pas certaine. L’eau produite par évaporation comme le dessalement de l’eau de mer est une technique envisagée décrite par Aristote et Pline l’Ancien, puis par Alexandre d’Aphrodise dès le IIIe siècle av. J.-C. Cependant, comme le souligne Forbes, il ne s’agit pas de la distillation au sens où on la conçoit actuellement (source de chaleur – séparation gaz/liquide – condensation), elle n’apparaît qu’à l’aube du Ier siècle de notre ère avec les alchimistes grecs. D’après Timée de Tauroménion, il semble que Denys l’ancien, tyran de Syracuse, adepte de la boisson (qui aurait provoqué sa mort en 367 av. J.-C.), demandait un breuvage obtenu par une distillation.

Au Ier siècle, le grec Dioscoride décrit le procédé dans son ouvrage De materia medica : « L’huile de poix est obtenue en séparant la partie aqueuse qui se dépose sur le haut comme le fait le petit-lait. Cette partie aqueuse est enlevée lors de la cuisson de la poix en plaçant de la laine propre au-dessus d’elle. Cette laine devenue humide par l’action de la vapeur montante, est essorée dans un vaisseau et ceci dure tant que dure la cuisson de la poix ». D’autres méthodes sont appliquées, ainsi pour le mercure : « Le mercure est préparé à partir d’un produit appelé minium, qui est aussi appelé — quoique incorrectement — cinabre. Une soucoupe de fer contenant du minium est placée dans un récipient en terre cuite et sur ce récipient est placée une flasque qui est mastiquée tout autour avec de la glaise. Un feu de charbon de bois est ensuite entretenu sous le récipient. Une fois que la suie qui s’est collée au couvercle a été grattée et refroidie, elle se transforme en mercure ».

Mais c’est surtout la demande croissante en liqueurs au Bas-Empire qui entraîne le développement des distilleries. La première description précise d’un alambic est due à Zosime de Panopolis au IVe siècle

Au VIIIe siècle, les alchimistes du Moyen-Orient usèrent de la distillation afin de purifier certains produits chimiques utilisés dans l’artisanat : des huiles ou esters (pour les parfums) et de l’alcool.

Parmi les premiers d’entre eux, on trouve Jabir ibn Hayyan (dit Geber en Occident) qui, vers l’an 800, mit au point de nombreux instruments et des méthodes chimiques toujours en usage aujourd’hui. En particulier, son alambic, précurseur des raffineries modernes, est le premier appareil utilisant une cornue pour purifier les substances : le bec de l’alambic est allongé (d’où le nom de cornue) afin d’améliorer le refroidissement et d’obtenir ainsi une plus grande quantité de produit distillé Ce principe inspirera les micro-distilleries modernes comme la colonne Hickman

La pratique de la distillation du pétrole est attestée vers 670, date à laquelle Callinicus de Byzance aurait produit une matière bitumineuse qui, mélangée à du salpêtre donne le redoutable feu grégeois dont l’usage militaire se répand rapidement. C’est également un autre alchimiste perse, Rhazès, qui au IXe siècle, distille le pétrole ou « bitume de Judée », d’où il tire du kérosène, tandis que l’entraînement à la vapeur est une invention due à Avicenne au XIe siècle, pour l’extraction d’huile essentielle

La distillation du vin est attestée en Occident dans la ville de Salerne dès le XIIe siècle (alors que l’Asie centrale semble la pratiquer depuis le IIIe siècle et la Chine depuis le VIIe siècle)15. On obtient ainsi l’alcool éthylique appelé « eau de vie » ou « eau ardente » au Moyen Âge. Outre son usage comme boisson forte, la médecine médiévale l’emploie comme remède.

Au XIVe siècle, l’introduction de dispositifs de refroidissement dans les diverses parties de l’alambic facilite la condensation et évite la surchauffe.

À mesure que l’alchimie se constituait en science avec la chimie, les récipients appelés cornues équipèrent de plus en plus les appareils à distiller. Alambics et cornues sont des récipients munis d’un bec latéral allongé pointant vers le bas faisant condenseur à air : ils servent à condenser le distillat que l’on récupère goutte à goutte à la sortie du tube.

Plus tard, les alambics en cuivre firent leur apparition ; leurs joints rivetés étaient maintenus étanches par différents expédients, comme de la mie de pain obtenue à partir de farine de seigle. Ces alambics comportaient souvent un serpentin traversé d’eau froide ajusté à l’extrémité du bec de la cornue qui, accélérant la condensation, augmentait le rendement de la distillation : c’est cet appareil que les Anglais appellent pot stills.

De nos jours, les cornues et les alambics ont été largement supplantés dans l’industrie par des méthodes de distillation beaucoup plus efficaces. Toutefois, l’alambic est toujours apprécié pour l’élaboration de fines et de liqueurs comme le cognac, le Scotch whisky et certaines vodkas. Les alambics, faits de différentes matières (bois, poterie, acier inox) sont également utilisés de par le monde par les petits producteurs. On vend encore de petits alambics pour la production familiale d’eau de fleur d’oranger ou d’huile essentielle.

Source: Wikipedia

Quelques références bibliographiques

En 1500, l’alchimiste allemand Hieronymus Brunschwig publie le premier livre consacré à cette technique, le Liber de arte destillandi, dont la seconde édition de 1512 sera fortement augmentée.

En 1500, l’alchimiste allemand Hieronymus Brunschwig publie le premier livre consacré à cette technique, le Liber de arte destillandi, dont la seconde édition de 1512 sera fortement augmentée.

En 1651, le médecin John French (1616-1657) publie The Art of Distillation, le premier traité anglais sur la pratique de la distillation, bien qu’on ait pu remarquer qu’il empruntait beaucoup à l’ouvrage de Braunschwig. Les diagrammes illustrant le livre insistent davantage sur le travail des ouvriers que sur le fonctionnement de l’installation.

Et enfin, grâce au fond Galica de la BNF, nous avons découvert un manuel de référence français, publié une première fois en 1862, puis remanié et republié en 1918 sous le titre « Nouveau manuel complet du Distillateur liquoriste », suivi de « la fabrication des alcoolats employés en parfumerie et préparés par le liquoriste », de Lebeaud, Julia de Fontenelle et F.Malepeyre.

Couverture de l’édition 1918

Vous pouvez lire ou télécharger les autres éditions aux liens suivants

Edition 1868

Edition 1883

Edition 1918

Edition 1918 en pdf à lire ou télécharger

Pour notre part nous avons commencé la confection d’hydrolat depuis cet automne, lors des ateliers « secrets de sorcières » des jeudis après-midis. Ils feront l’objet d’articles au fur et à mesure de l’avancement de cette activité.

Retrouver ici les détails de nos hydrolats déjà élaborés

En rapport Entrées