Contrairement aux saisons occidentales, qui débutent lors des solstices ou des équinoxes, les saisons chinoises sont centrées sur ces périodes. Ainsi, chaque saison chinoise commence à peu près un mois et demi avant solstices ou équinoxes, et se termine environ un mois et demi après. Les modalités de leur expression sont organisées autour de ces points de rupture de l’égalité entre nuit et jour (équinoxes) ou de hauteur du soleil à l’horizon de midi (solstices).

Chaque saison se compose de trois mois envisagés symboliquement comme les trois enfants résultant du dialogue amoureux entre le ciel et la terre. Ces trois mois sont conditionnés dans leur expression propre par l’élan cosmique spécifique de chaque période : chacun d’eux exprime un rapport stratégique unique, non seulement au sein de sa propre saison mais aussi avec l’ensemble du déroulement annuel.

Les «trois frères»

Le mois fils aîné ou Meng

C’est le premier mois de chaque saison : février, mai, août, novembre. Il a pour rôle de transmettre l’héritage des trois mois précédents et de prendre en charge le devenir de la saison à venir. Il représente à la fois une période de commencement et un temps de transition. Il est donc dépositaire du viatique et des formes vivantes élaborées au cours de la saison précédente. Il en récolte les bons et les mauvais aspects et en constitue en quelque sorte la mémoire initiale.

Cette position première dans la saison le rend responsable de cette réception et de la transformation qu’il inaugure. Les énergies pernicieuses ou aberrantes récoltées au cours de la saison précédente auront une possibilité accrue de sortir et de s’exprimer par un conflit ouvert au cours de ce mois particulier.

Le mois fils cadet ou Zhong

C’est le second mois de chaque saison : mars, juin, septembre, décembre. Il est l’expression de la maturité épanouie, du plein éclat et de l’accomplissement saisonnier. Il contient le cœur de la saison, les équinoxes et les solstices. Il doit réaliser l’accomplissement de la saison précédente et en quelque sorte achever le mouvement qu’avait lancé la saison mère en parvenant à l’expression la plus épanouie possible de ses potentialités.

Si la saison précédente n’a pas réglé ses principaux excès ou déficits, et si le mois « fils aîné » n’a pas réussi à filtrer l’héritage négatif, la maladie éclatera au cours de ce mois.

Le mois fils benjamin ou Ji

C’est le dernier mois de chaque saison : janvier, avril, juillet, octobre. Ce mois est celui qui reconduit (Song) les influences dont il a bénéficié et qui les porte en terre (Zang) afin de leur assurer une juste sépulture, c’est-à-dire de justes conditions pour qu’énergies et formes transmises perdent leurs spécificités et puissent assurer la structuration des suivantes. Il communique l’ensemble au mois « fils aîné » de la saison suivante par l’intermédiaire de la terre vers laquelle il effectue un retour. C’est le mois privilégié pour effectuer toutes les régulations énergétiques essentielles. À son niveau, en effet, la mémoire du terrain corporel est particulièrement perceptible et sa réactivité forte- ment marquée.

Ainsi, chaque saison possède ses symboles, ses correspondances, ses caractéristiques auxquels sont associés des recommandations générales et pratiques, des exercices, afin de permettre à l’homme d’harmoniser son souffle avec eux et de parvenir à vivre en accord intime avec la nature.

La « cinquième saison » ou intersaison

Dans cette vison on ne mentionne que 4 saisons et place les transition dans les mois fils ainé et fils benjamin avec un passage par la Terre pour effectuer ces transitions. C’est ce que la plupart des auteurs appelle la cinquième saison, reliée à l’élément Terre placé au centre sur la représentation des 5 éléments. Cette cinquième saison représente un état de « ce qui n’est plus » mais qui « n’est pas encore ». On peut voir cette intersaison comme une période de transformation, de changement d’état avec une préparation à « ce qui vient ». Il s’agit donc de se synchroniser à « ce qui vient » pour éviter un décalage avec l’apparition de troubles.

5 saisons avec été indien

Pour quelques autres auteurs, comme sur le schéma de droite ci-dessous, la cinquième saison se place uniquement à la fin de l’été, ce qu’on appelle chez nous l’été indien. Dans l’article ci-dessous, Jean Pelisser explique fort bien d’où viennent ces deux visions/traductions, et comment elles se rejoignent…

A chaque saison sont reliés, un éléments (Bois, Feu, Terre, Métal, Eau), un organe et son viscère couplé (Foie et Vésicule biliaire, Coeur et Instestin grêle, Rate/Pancréas et Estomac, Reins et vessie), une saveur (acide, amère, sucrée, piquante, salée), une couleur (vert, rouge, jaune, blanc, noir), une émotion (colère, joie, ressentiment, tristesse, peur) une direction (Est, Sud, Centre, Ouest, Nord) …

Nous ferons un article spécifique pour chaque saison, voire chaque mois et, en attendant, pour conclure voici un schéma récapitulatif des différentes relations entre les éléments.

Nota bene pour celles et ceux qui s’intéressent aux positionnements des lieux par rapport au soleil, harmonie des rythmes circadiens et autres données…

Un (tout petit) peu de géographie…. le phénomène des saisons


Le Soleil émet de l’énergie qui est reçue par les planètes. La quantité d’énergie reçue diminue avec l’éloignement au Soleil. Pour une planète comme la Terre, sa forme et l’inclinaison de son axe de rotation par rapport au plan de révolution autour du Soleil (plan de l’écliptique), font varier la quantité d’énergie reçue par unité de surface au sol.
Cette quantité varie en fonction de la latitude pour une époque donnée de l’année et au cours de l’année pour une latitude donnée. Cette inégale répartition de l’énergie solaire à la surface de la Terre se traduit par l’existence de zones climatiques. Les variations de cette énergie au cours du temps est à l’origine de l’alternance des saisons.

Les saisons se calculent donc en fonction de la latitude, contrairement au rythme jour/nuit qui lui est fonction de la longitude (variation de 4′ de temps pour 1° de longitude en + vers l’est, en moins vers l’ouest).
La France (Latitudes extrêmes, en arrondissant, 51° N et 41° N) se situe en latitude au niveau de la partie Nord de la Chine (Latitudes extrêmes, toujours en arrondissant, 53°N et 20° N). Le rythme des saisons est donc le même chez nous que celui des régions Nord de la Chine.