La Médecine traditionnelle chinoise, une médecine écologique?

C’est avec cette petite réflexion que je souhaite initier une série d’articles sur l’esprit de la médecine chinoise traditionnelle (MTC).
Pourquoi parler de l’esprit de la MTC en relation avec la pratique du Qi Gong?
Comme nous l’avons souvent évoqué lors des séances, le Qi Gong est partie intégrante de la médecine chinoise, médecine avant tout de prévention. ll est donc important, voire essentiel de pouvoir appréhender l’esprit de cette médecine pour comprendre l’essence des mouvements, entrer dans leur intériorisation, les différents niveaux de pratique afin de retrouver et/ou conserver notre vitalité, ce qui est une des « fonctions » du Qi Gong.


« La vie de l’univers c’est ma propre vie, la nature et moi ne faisons qu’un »
Tchouang Tseu (ZhuangZi)


L’idée directrice de la Médecine Chinoise est celle de la globalité appliquée à la physiologie, à la pathologie des organes, des méridiens d’acupuncture, des nerfs, des vaisseaux et des tissus. Cette médecine s’est proposée de faire les lien entre les lieux anatomiques et les différentes fonctions du corps, à la fois chez l’être humain, au niveau du Cosmos et au niveau de la Terre qui nous accueille.
Les organes internes et les structures superficielles du corps sont envisagées comme un Tout inséparable, entretenant des relations intimes réciproques, se contrôlant mutuellement. Les climats saisonniers, la situation géographique, l’environnement, l’attitude humaine influent ainsi sur la physiologie et la pathologie à différents degrés: on voit ici pleinement l’unité de l’être humain et de la nature. C’est à ce niveau que nous parlons de médecine écologique.

Retrouver la vitalité, c’est alors être en harmonie avec son territoire géographique, familial, professionnel, amical, voire son environnement encore plus large. C’est tout l’esprit et le but des activités que je propose petit à petit au fil des saisons.
Les mouvements et transformations du monde naturel influent, directement ou non, sur nous, êtres humains, partie intégrante de la nature. Cela a des conséquences sur le plan physiologique et pathologique. Mais le chemin inverse est également vrai: l’être humain agit sur son environnement par sa manière de se nourrir, de s’alimenter, de se soigner, de faire lien…

A suivre... Prochain épisode: La cosmologie de la Chine ancienne, ou comment les sages percevaient le fonctionnement du cosmos.

Notes:

Tchouang-tseu ou Zhuangzi chinois traditionnel: 莊子 ; chinois simplifié : 庄子 ; pinyin : zhuāngzǐ ; EFEO : Tchouang-tseu ; litt. « Maître Zhuang », de son vrai nom Zhuāng Zhōu (莊周 / 庄周, Tchouang Tcheou), est un penseur chinois du IVe siècle av. J.-C. à qui l’on attribue la paternité d’un texte essentiel du taoïsme appelé de son nom — le Zhuangzi — ou encore le « Classique véritable de Nanhua ».

Le Zhuangzi ou Tchouang-tseu (chinois : 莊子 ; pinyin : Zhuāngzǐ ; Wade : Chuang-tzu ; EFEO : Tchouang-tseu) est un ancien texte chinois de la fin de la période des Royaumes combattants (476 à 221 av. J.-C.), qui contient des histoires illustrant la nature insouciante du sage taoïste idéal. Nommé d’après son auteur traditionnel, Zhuangzi (369 à 288 av. J.-C. environ), c’est l’un des deux textes fondateurs du taoïsme, avec le Dao de jing.
Il se compose d’une grande collection d’anecdotes, d’allégories, de paraboles et de fables, qui sont souvent de nature humoristique ou irrévérencieuse. Il est composé de 33 chapitres, dont seuls les sept premiers — appelés « chapitres intérieurs » — sont réellement attribués à la personne de Zhuangzi tandis que les chapitres restants — respectivement « chapitres extérieurs » et « chapitres divers » — sont attribués à diverses écoles s’inscrivant dans la continuité intellectuelle de Zhuangzi, et voient leur paternité débattue par les sinologues.