Nom latin

Primula Vulgaris

Noms vernaculaires

Primevère officinale, Coucou

Classification

Ordre: Ericales
Famille: primulaceae
Genre Primula

Floraison

Fin février-fin avril

Période de récolte

Fleurs, avril.
Feuilles, mars, avril
Racines, toute l’année, mais attention les feuilles disparaissent l’hiver…

Caractères bio indicateurs

Sols au pH basique à légèrement acide, plutôt frais et secs. Sols argileux, moyennement riches en nutriments.

Description

Les trois principales primevères répandues en France sont les primevères officinales (primula veris), des bois (primula eliator) et acaule ou primevère des jardins (primula vulgaris).
Si on trouve principalement la primevère officinale citée dans les ouvrages de phytothérapie, ces trois espèces proches s’utilisent de la même manière en cuisine et présentent les mêmes propriétés et applications médicinales (source Paul-Victor Fournier).
Nous présenterons ici celle que nous rencontrons le plus couramment sur notre territoire, et que nous utilisons, la primevère acaule. Cette espèce très commune dans l’ouest de la France devient de plus en plus rare en allant vers l’est.

C’est une plantes herbacée vivace de 10 à 30cm de hauteur. La hampe florale est plus longue que les feuilles. Les feuilles sont disposées en rosette avec un large pétiole qui s’élargit en limbe ovale. Elles sont pubescente, vert clair, à nervures bien marquées.

Pour la primevère acaule

  • le limbe est graduellement atténué jusqu’à la base.
  • le pétiole est peu marqué.
  • la nervation est réticulée
  • les feuilles vert plus pâle et velues en dessous.

La racine, principale partie utilisée en médicinale, est en réalité un rhizome.

Points de vigilance, confusions possibles

Attention certaines espèces exotiques cultivées, appelées primevères vénéneuses peuvent provoquer des réactions allergiques sur la peau.

Petites et grandes histoires

La primevère officinale ne croit pas en Grèce, ce qui explique son absence de mention dans les ouvrages antiques. Par contre au Moyen-âge il est souvent question de ces trois espèces confondues dans les glossaires médicinaux, sous les noms de « l’herbe à la paralysie », « la clé de St Pierre » ou du « ciel ». Sainte Hildegarde les recommande contre la mélancolie, la paralysie et l’apoplexie. A la Renaissance la primevère devient très usitée, et fait l’objet de nombreuses superstitions. Elle disparait pratiquement des ouvrages du XIXème, puis refait l’objet d’intérêt au XXème. R.Wasicky et R. Joachimowicz (Viennois) démontrent sa valeur comme expectorant et diurétique.
Pour Christophe Bernard « Ce n’est pas une plante médicinale très connue aujourd’hui et c’est bien dommage, on gagnerait vraiment à la redécouvrir parce qu’elle est très présente dans nos écosystèmes et qu’elle a cette grande utilité pour toutes les affections hivernales qui vont toucher les bronches ».

Symboliquement: la primevère signifie à la fois la passion, l’attachement, la sexualité et la chasteté. Au XVIIIe siècle, ses fleurs symbolisaient le libertinage ; sous la Régence, marquises et rouées en portaient sur elles pour se rendre à un rendez-vous galant.

Utilisation cuisine

La primevère a un léger goût anisé qui parfume les plats, On consomme les feuilles, les fleurs et les racines.
Les jeunes feuilles légèrement piquantes sont utilisées en salade, les plus âgées seront cuites
Les fleurs sont surtout utilisées en déco dans les salades ou desserts. On peut aussi en faire des beignets, aromatiser des boissons…
Les racines sont utilisées pour parfumer les bouillons

Autres usages

Dans le Nord de l’Europe on prépare une boisson vineuse agréable et calmante en faisant fermenter les fleurs avec du miel et du citron.
On en fait aussi une sorte de thé.

Principaux constituants connus

Les fleurs, les feuilles et les racines ont les même propriétés, beaucoup plus prononcées dans les racines.
Les racines séchées de primevère officinale (Primula veris) et de primevère élevée (Primula elatior ) sont inscrites à la pharmacopée française et européenne et font l’objet d’un rapport de l’HMPC9.
La fleur séchée de primevère officinale (Primula veris, L.) est inscrite à la liste A de la pharmacopée française des plantes utilisées traditionnellement,et fait l’objet d’un rapport de l’HMPC11.
Ces deux parties de plante appartiennent au monopole pharmaceutique. La primevère acaule n’est pas concernée.

La racine contient un glucoside saponoïde, la primuline qui se rapprocherait de la cyclamine, une huile essentielle (ce qui donne l’odeur d’anis); des traces d’acide salycilique; deux autres glucosides; et surtout 8 à 10% d’une saponine à laquelle on attribue le rôle médicinal essentiel. Elle aurait des propriétés bactéricides, fongicides et antivirales. Elle aurait aussi des propriétés détergentes (tensioactifs), et serait diurétique et expectorante.

Secrets de sorcière

Indications traditionnelles:

En interne:
• Affections des voies respiratoires avec toux et encombrement bronchique

En externe

  • Hygiène buccale.
  • Affections dermatologiques en traitement d’appoint adoucissant et antiprurigineux
  • Crevasses, écorchures, gerçures, piqûres d’insectes

Le rhizome sec et réduit en poudre peut s’utiliser comme sternutatoire, utile contre les mots de tête et certains maux de dents.
Les feuilles bouillies appliquées bien chaudes, calment les douleurs de goutte, leur décoction est vulnéraire et hémostatique.

Modes d’emploi:

Infusion: 1 à 3 cuillères à café de fleurs sèches pour 1l d’eau. Laisser infuser 10 minutes et filtrer. À utiliser en cas d’inflammation des voies respiratoires.
Décoction: 20 à 30g de racines par l d’eau 3 tasses par jour (diurétique) ou 30 à 50g de feuilles ou fleurs.
Suc: fleurs hachées et délayées dans de l’eau et du miel comme remède contre la toux.
En forçant la dose de miel on peut en faire des bonbons à la primevère.
Sirop: faire une infusion à partir de 50 g de fleurs fraîches dans 1⁄2 L d’eau frémissante, laisser macérer 6 à 12 h. Filtrer. Ajouter 0,9 kg de sucre, porter à ébullition pendant 10 mn. Verser à chaud dans des bouteilles stérilisées et reboucher.

Décoction pour lotions: 60 à 100g de racines par l d’eau